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La Tourterelle des bois

Streptopelia turtur

 

 

  © T. Riabi

© T. Riabi / LPO-IDF

 

Ordre : Colombiformes
Famille : Colombidés
Genre : Streptopelia
Espèce : Streptopelia turtur

Elégance et discrétion

La Tourterelle des bois ne montre aucun dimorphisme sexuel Sa tête et son cou sont d'une couleur gris-bleu avec une tache blanche striée de trois ou quatre rangées de noir.

Son dos est gris brun avec les scapulaires et les couvertures alaires brun roux marquées de noir en leur centre, ce qui lui donne son plumage caractéristique et un camouflage adapté aux zones d'ombres percées de lumière de son habitat.

© tourterelle des bois

Tourterelle des bois. © Dessins de François Desbordes.

Elle porte une longue queue noire arrondie bordée de blanc. Sa poitrine est gris-rosâtre avec un dégradé vers le blanc sur le ventre et jusqu'aux plumes sous-caudales.

On remarque aussi très nettement son cercle oculaire rougeâtre. Les juvéniles sont de couleur plus terne jusqu'à leur première mue.

Sa taille est très comparable à celle de la tourterelle turque, entre 25 et 28 centimètres de long pour 50- 55 centimètres d'envergure et entre 120 et 150 grammes suivant la période de l'année.

Des bois, mais près des champs

La Tourterelle des bois préfère l'ombre et le couvert d'une végétation de taille moyenne, arbres et futaies, taillis et buissons, lisière de forêt le long des champs cultivés. Essentiellement granivore, elle se nourrit principalement sur le sol de graines de plantes sauvages parmi lesquelles les fumeterres - Fumaria officinalis - ont sa préférence et occasionnellement de baies sauvages ou de quelques rares insectes. Au cours des dernières décennies, elle a également incorporé les graines de plantes cultivées à son alimentation, comme le colza et le tournesol.

© Fumeterre officinale

Fumeterre officinale, Fumaria officinalis © Jorge Benayas.

L'Autour des palombes et l'Epervier d'Europe sont ses principaux prédateurs naturels. Les geais et autres corvidés ainsi que les martres sont également une menace pour les oeufs et les oisillons au nid.

© Tourterelle des bois

Tourterelle des bois © T. Riabi.

En couple pour trois mois par an

Durant la parade nuptiale on peut observer un vol glissé du mâle et, une fois posé, il exécute volontiers des courbettes, plumes du cou hérissées, auxquelles la femelle répond. Son chant est un roucoulement doux et étouffé peu sonore. Une fois de retour d'hivernage et après le temps des parades nuptiales, le nid sommaire est construit de préférence dans un arbuste épineux comme l’aubépine ou le prunellier. La femelle pond deux oeufs entre fin mai et début juin. L'incubation dure 2 semaines et le nourrissage 3 semaines. Vers leur quatrième semaine, les jeunes tourterelles ont acquis leur pleine capacité de vol mais restent pourtant en compagnie de leurs géniteurs. Il est possible qu'il y ait alors une deuxième nichée.

Africa all-the-way

Présente en France de fin avril à début septembre pour la période de reproduction, elle reprend ses quartiers d'hiver au tout début de l'automne et rallie l'Afrique sub-saharienne à la recherche de sa nourriture favorite.

© Tourterelle des bois

Tourterelle des bois © Dessin à la pastel de Léa Schlemmer.

Un oiseau furtif

Elle est plutôt farouche et difficile à observer, toujours cachée dans les feuillages. Son vol est celui d'un Colombidé, avec des battements d'ailes rapides et nerveux. Souvent solitaire ou en couple durant la période de reproduction, la tourterelle des bois se montre volontiers grégaire en dehors de cette période et surtout en migration.

Effectif et tendance dans le monde, en France et en Île-de-France

En période de reproduction, l’espèce est présente dans toute l'Europe (sauf les pays scandinaves, l’Irlande et l’Islande), au Maghreb et en Asie mineure, jusqu'en Afghanistan et en Mongolie. Paul Géroudet note que sa distribution correspond largement à celle des fumeterres. Pendant l’hiver, la Tourterelle des bois est en Afrique sahélienne, dans la savane buissonnante, où elle se tient souvent en groupe.

Il existe quatre sous-espèces :

  • turtur en Europe, dans les îles de la Méditerranée et en Asie mineure
  • arenicola en Afrique du nord
  • hoggara dans les montagnes d'Afrique du nord, au Niger et au Tchad
  • rufescens en Egypte et en Libye

La Tourterelle des bois est en déclin continu au niveau mondial depuis les années 1980. En Europe, pas moins de 75% des effectifs ont disparu en trente-cinq ans. Ce déclin serait, en partie, dû à la chasse, notamment lors des passages migratoires. Selon l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, la population européenne est estimée entre 1,9 et 3,2 millions de couples et environ 2 millions d’individus seraient chassés chaque année. L’oiseau est aussi chassé de manière intensive sur les zones d’hivernage en Afrique. L’espèce souffre de la perte de son habitat à cause de la déforestation et de la destruction des haies. Comme nombre d’espèces du règne animal, elle subit aussi la dégradation de ses ressources alimentaires à cause de l'usage intensif de pesticides et autres herbicides de l'industrie agroalimentaire. Enfin s’ajoutent à ces menaces, les conditions météorologiques parfois rudes et sèches sur la route migratoire et dans les quartiers d’hiver au Sahel, diminuant ainsi la nourriture disponible. En réponse à ces observations, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature reclassa la Tourterelle des bois en 2015, la faisant ainsi passer d’un statut « quasi-menacée » à un statut « vulnérable ». L’union européenne souhaite mettre en place une gestion adaptative de la Tourterelle des bois. En mai 2018, elle proposa aux états membres un ensemble de mesures visant à enrayer ce déclin, notamment la restauration de milieux favorables et la suspension de la chasse.

© Tourterelle des bois

Tourterelle des bois © D. Omarov.

La France accueille 10% de l’effectif nicheur européen. On la trouve presque partout sauf dans les massifs montagneux, au-delà de 1 500 mètres d’altitude. Ses effectifs sont plus élevés dans la moitié ouest de la France et autour de la Méditerranée. A l’image de la situation européenne, la Tourterelle des bois est en déclin important en France. D’après le Museum National d’Histoire Naturelle, les chiffres du Suivi Temporel des Oiseaux Communs dans l’hexagone montrent une chute de 44% des effectifs sur les 10 dernières années. Le statut de conservation UICN de l'espèce au niveau national est le même qu’au niveau mondial : vulnérable. Si par le passé la Tourterelle des bois pouvait être chassée en période de reproduction et en période de migration prénuptiale, un arrêté ministériel du 24 mars 2006 fixe une date d’ouverture au dernier samedi d’août. D’après l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, environ 100 000 Tourterelles des bois seraient encore chassées chaque année en France durant la période de migration d’automne. Par ailleurs, suite à un refus de la France de suspendre la chasse pour la saison 2018-2019, un délai supplémentaire a été demandé face à la proposition de l’Europe. Un comité d’experts mis en place en janvier 2019 par le ministère de la transition écologique préconise en mai dernier un quota de chasse à 0 ou un quota inférieur à 1,3% de la population soit 18 300 individus. C’est la proportion estimée supportable par les modèles démographiques pour un rétablissement de la population. En contradiction avec cet avis, un projet d’arrêté ministériel propose un quota de 30 000 oiseaux pour la saison 2019-2020. Ce projet a fait l’objet d’un vote favorable le 2 juillet dernier par le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage. Il est actuellement soumis à consultation publique en ligne via ce lien :
http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=sommaire

© Tourterelle des bois

Tourterelle des bois © JJ. Boujot.

Aux confins de l'Ile-de-France, on peut également voir ou entendre la Tourterelle des bois. Les effectifs régionaux ont été estimés entre 2500 et 4400 couples sur la période 2009-2014. C'est sa prédilection pour les espaces boisés en proximité de sources de nourriture qui définit sa répartition. Ce n'est pas une espèce urbaine ni péri-urbaine. A l’exception de Paris intramuros et de sa proche banlieue, elle est observée dans tous les départements. Le meilleur endroit pour la rencontrer est la Seine-et-Marne (77). Comme au niveau national, son effectif est en diminution sur le territoire francilien. Ainsi, d’après les chiffres du Suivi Temporel des Oiseaux Communs en Île-de-France, l’espèce aurait perdu 75% de son effectif ces dix dernières années.

© Répartition

Carte de nidification de la Tourterelle des bois Streptopelia turtur en Île-de-France (issue de l’Atlas des oiseaux nicheurs d’Ile-de-France, 2009-2014).
En rouge les nicheurs certains, en orange les nicheurs probables et en jaune les nicheurs possibles. Les cercles concentriques donnent une idée des effectifs nicheurs par maille du quadrillage : de 1 à 10 couples pour les petits cercles, de 11 à 100 pour les plus grands cercles, des losanges lorsqu’il n’y a pas eu de dénombrement.

Le saviez-vous ?

La tourterelle des bois, comme la plupart des Colombidés produit un lait secrété par le jabot qu'elle régurgite dans le gosier de sa progéniture pendant les premiers jours après l'éclosion.

Bibliographie

Ouvrages

  • Paul Géroudet, Limicoles, gangas et pigeons d'Europe, Delachaux et Niestlé, 1983, pp. 569-581
  • Atlas des oiseaux d’Ile-de-France, 2009-2014, CORIF. Tourterelle des bois Streptopelia turtur
  • P. Géroudet (1972), Les passereaux Tome III : Des pouillots aux moineaux – 287 pages
  • Le Maréchal P., Laloi D. et Lesaffre G. (2013). Les oiseaux d’Île-de-France. Nidification, migration, hivernage. CORIF-Delachaux et Niestlé, Paris. 512 pages.
  • Issa N. & Muller Y. (2015). Atlas des oiseaux en France Métropolitaine. Nidification et présence hivernale. LPO / SEOF / MNHN. Delachaux et Niestlé, Paris, 1408 p.

Sites internet

Article rédigé par Jean-Pierre Van Wambeke