L'espèce du mois
Un plumage discretTrop timide le moineau ? C’est bien de leur coloration sobre que les « petits moines » tiennent leur nom. Le Moineau domestique présente un dimorphisme sexuel : mâle et femelle sont aisément différenciables. La tête du mâle présente une calotte et une nuque grise, avec des bordures châtaigne derrière l’oeil, des joues blanchâtres et une bavette noire qui se prolonge sur la poitrine. Le manteau est rayé de noir, roux et roussâtre alors que le dessous du corps est blanchâtre. La femelle a la tête brune, soulignée par un sourcil clair de l’oeil jusqu’à la nuque. Les parties supérieures du corps sont striées de brun, gris et noir et les parties inférieures sont brun-grisâtre. Globalement, la femelle présente des teintes plus ternes.
Moineau domestique, Passer domesticus. Mâle à gauche, femelle à droite. © Dessins de François Desbordes
Un amoureux de l’hommeNotre compagnie lui plait. C’est l’un des oiseaux les mieux adaptés à vivre aux côtés de l’homme. C’est d’ailleurs ce qui lui a valu le nom de « domestique ». Absent des milieux forestiers clos et des espaces désertiques, on le trouve presque partout où nous avons construit des bâtiments, dans les villes et les villages. A condition quand même qu’il y ait un minimum de végétation pour trouver des matériaux pour nidifier et se nourrir. Malgré son bec de granivore, le moineau est omnivore : il se nourrit de graines, insectes et bourgeons. Mais il est aussi très débrouillard et n’hésite pas à picorer tout ce qu’il trouve, quitte à explorer les restaurants sur les tables, sous les chaises ou au pied des poubelles. Les amours
Les couples effectuent en général trois ou quatre nichées par an. Cette multiplication des naissances est compensée par une forte mortalité des jeunes (pluies, jeunes tombés du nid, écrasés par les voitures ou capturés par les prédateurs tels que les chats ou certains rapaces). On est bien chez soiLes moineaux ne sont pas des plus aventureux. Ce sont des oiseaux complètement sédentaires. Un moineau né dans une ville y reste généralement toute sa vie. On peut d’ailleurs les voir s’activer en toute saison.
© Moineau domestique - Aquarelle et crayon de Léa Schlemmer Heureux comme un moineau
Le Moineau domestique dans le monde, en France et en Ile-de-France
En France, le Moineau domestique est aussi en déclin modéré et récent à l’image de la situation à l’échelle européenne. Les régions les plus concernées sont : le Vaucluse, les Pays de la Loire, la Picardie et aussi l’Île-de-France. On estime toutefois entre quatre et sept millions le nombre de couples nicheurs sur le territoire national (2009-2012). L’espèce est classée en préoccupation mineure par l’UICN. En Île-de-France, le Moineau domestique est considéré en déclin modéré également. C’est surtout à Paris que la situation est préoccupante. Le cri du moineau se fait de moins en moins entendre. Il est si commun qu’on ne le voit plus, on ne voit même pas qu’il n’est plus là : dans Paris intra-muros, le moineau décroît de manière fulgurante ! C’est en tout cas, ce qui ressort de « l’enquête moineau » réalisée conjointement depuis 2003 par la LPO – Île-de-France et le Museum national d’Histoire naturelle : 73% des moineaux parisiens auraient disparu entre 2003 et 2016 ! Quelles sont les causes de ce déclin très brutal ? A ce sujet, plusieurs hypothèses sont avancées : les petits piafs ont bien du mal à trouver des matériaux pour nicher. Les ravalements de façades, les rénovations de quartiers, les surfaces lisses des bâtiments modernes (vitre ou PVC) totalement dépourvus d’anfractuosité privent le moineau d’habitat de nidification. Puis, l’intensification de l’urbanisation, la destruction des buissons et la diminution de la ressource en insectes privent les moineaux de nourriture et notamment au moment du nourrissage des jeunes. Et voici comment l’environnement urbain, de plus en plus bétonné, plonge peu à peu Paris dans le silence mécanique.
Courbe illustrant le déclin du Moineau domestique dans Paris intra-muros issu de l’enquête moineau de 2003 à 2016. Les effectifs nicheurs au niveau régional sont estimés entre 500 000 et 1 000 000 de couples. Le statut UICN en Île-de-France est le même qu’au niveau national : préoccupation mineure. Et le Moineau domestique est encore présent sur tout le territoire :
Carte de nidification du Moineau domestique (Passer domesticus) en Île-de-France (issue de l’Atlas des oiseaux nicheurs d’Ile-de-France, 2009-2014). Le saviez-vous ?
BibliographieOuvrages
Revues
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