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L'espèce du mois

La Bernache du Canada

Elle est peu farouche et donc facilement observable !

Espèce du mois
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L'espèce du mois

La Chouette hulotte

Strix aluco

 

 

Arpentez chênaies et hêtraies à la tombée de la nuit à la rencontre de ce rapace nocturne, le plus commun des treize en Europe. La Chouette hulotte vit partout où se trouve de grands arbres, même à proximité des humains, dans les parcs et les grands jardins, sous les toits, greniers et même dans les cheminées.

  © N. BOSSET

© Chouettes hulotte - Doevos

 

Ordre : Strigiformes
Famille : Strigidés
Genre : Strix
Espèce : Strix aluco

Le chat-huant

Loin des plumages colorés à excentriques des oiseaux diurnes, la Chouette hulotte se pare d'un plumage discret et cryptique pour se fondre contre les arbres pendant son repos en journée.

Difficile alors de repérer cet oiseau trapu à la tête rondelette, perché sur une branche ou parfois sur une cheminée. C'est en plongeant dans son environnement nocturne que vous entendrez son chant hou…hou…houhouhouhou, qui lui a valu le surnom de chat-huant.

Et si vous avez le bonheur de l'apercevoir, vous la reconnaitrez par son plumage tacheté variant du gris au roux, ses immenses yeux noirs séparés d'un triangle sombre inversé, partant du bec jusqu'au haut du crâne et ses petits sourcils clairs lui donnant cet air aimable.

© Dessin de chouette hulotte, François Desbordes

© Dessin de chouette hulotte, François Desbordes
Mâle et femelle ont le même plumage

© Coatmeur

© Chouette hulotte, morphologie grise – Jacques Coatmeur

Sa silhouette en vol est caractéristique, grosse tête, larges ailes et fines bretelles blanches sur les épaules. Son vol d'un silence absolu, grâce à des plumes duveteuses munies de "peignes" absorbant le son, lui permet de fondre par surprise sur ses proies.

Taillée pour la forêt

Elle peuple en France un large panel d'habitats, on la trouve dans les bocages, les falaises, les bosquets, les villes et villages, les parcs urbains ou les cimetières. Mais ses ailes et sa queue courtes la prédisposent au milieu forestier où elle s'épanouit le mieux.

De décembre à avril, pendant la saison de reproduction, elle passe ses journées au site de nidification, dans une cavité qui peut être naturelle ou artificielle. En dehors de cette période, elle s'abrite dans les arbres denses, les lierres, les conifères ou les taillis très touffus.

Une grande chasseresse

C'est par de patientes observations mais principalement par l'étude des pelotes de réjection que l'on peut s'apercevoir de la diversité du menu de la Chouette hulotte.

Armée d'un bec crochu et de serres aiguisées pour capturer et dépecer ses proies, la Chouette hulotte est une carnivore stricte. Et peu seront épargnés : des petits passereaux à de plus gros oiseaux comme le Pic épeiche, des insectes et vers de terre en temps de pluie, des mulots, campagnols et rat des moissons (ce qui en fait un très bon auxiliaire de culture), des batraciens et même des écureuils !

Elle adapte son alimentation en ville en consommant majoritairement des Mésange charbonnière, Fauvette à tête noire, Moineau domestique, Rougegorge familier, Pie bavarde et Tourterelle turque.

Être de l'obscurité, elle bénéficie, pour chasser, d'une ouïe ultra performante aidée par un disque facial concentrant les sons vers ses oreilles, lui permettant alors de localiser ses proies avec une extrême précision.

Myope comme une taupe… presbyte comme une chouette hulotte !

Oui, car si l'oiseau a une excellente vue à distance, elle doit compenser sa mauvaise vue de près grâce à ses vibrisses, petites moustaches tactiles autour du bec, pour sentir ses proies. Ses yeux, aussi gros que les vôtres, sont totalement fixes. C'est pourquoi sa tête est dotée d'une grande mobilité, pouvant tourner de 270° de droite à gauche et de 180° de haut en bas.

Le temps des amours

Une fois uni, le couple de la nuit reste fidèle jusqu'au bout, et même en dehors de la période de reproduction ils ne se séparent jamais bien longtemps. La discrète parade nuptiale du mâle commence dès le début d'année, puis le couple choisira un arbre d'un bon diamètre avec une cavité naturelle suffisamment large (creusée par le Pic noir par exemple). Les seconds choix se porteront sur les nids de corvidés ou les aires de rapaces. Et si crise du logement oblige, la Chouette hulotte ira jusqu'à nicher au sol entre des racines, dans un terrier de lapin ou pourquoi pas dans un tas de paille dans un hangar.

Très variable selon les régions, la ponte peut avoir lieu de fin février à fin mars. En ville, avec la température plus élevée et si l'abondance de nourriture le permet, il est possible de voir des jeunes à l'envol dès la fin décembre.

© Jeune chouette hulotte – Jean-François Magne

© Jeune chouette hulotte – Jean-François Magne

© chouette hulotte – Léa Schlemmer

© Chouette hulotte - Aquarelle et crayon de Léa Schlemmer

Pas si chouette la chouette !

La Chouette hulotte défend farouchement son site de nidification et n'hésite pas à attaquer tout intrus, à ce point que les courageux bagueurs se parent d'un couvre-chef protecteur lors de la capture au nid.

Le nombre d'oeufs à protéger oscille en moyenne entre 2 et 4, selon l'abondance de nourriture et exceptionnellement jusqu’à 9. L’incubation dure quant à elle, 29 jours. Une fois éclot la femelle réchauffera ses petits encore une quinzaine de jours. Pendant tout ce temps, le mâle aura la charge de défendre le territoire et de ravitailler la femelle.

C'est après un peu plus d'un mois que les laborieuses tentatives de vol des jeunes débutent. Jamais couronnées de succès les premières fois, les vulnérables petites boules de plumes se retrouvent au sol, et il faut les y laisser ! A moins que l'oiseau ne présente un traumatisme évident, ne l'emmenez surtout pas. Ces chutes font parties du processus naturel d'apprentissage du vol par les jeunes chouettes.

Qu’on est bien chez soi !

Nicheuse sédentaire, elle se déplace généralement très peu, bien qu'il arrive de voir en automne et en hiver quelques individus venir de l'Est. Mais lorsqu'elle s'est choisie un territoire, elle s'y cantonne et y chantera toute l'année.

La chouette hulotte dans le monde, en France et en Île-de-France

Selon l’UICN son statut actuel est assez stable, en préoccupation mineur (LC) tant au niveau mondial que national. Dans les régions tempérées ses effectifs sont plutôt bien portant, la chouette étant capable de jeûner plusieurs nuits. Dans les régions plus froides aux longues périodes de neige et aux températures épuisant ses réserves de graisse, il arrive que des hécatombes se produisent.

En France l'espèce est protégée. Sa population est estimée entre 100 000 et 200 000 couples (2009-2012). Puisque elle affectionne particulièrement l'environnement boisé, la déprise agricole et le passage progressif des cultures en friches puis en forêts lui est profitable.

En Île-de-France il y aurait environ 1500 couples (2014) en apparence stables. Il semblerait toutefois que l’espèce n’ait pas la même dynamique sur l’ensemble du territoire : stable dans les zones rurales et en régression dans les zones les plus urbanisées. Si on comptait une trentaine de couples dans paris intra-muros en 1995, on ne compte aujourd’hui qu’une population relictuelle : on parle de cinq couples tout au plus en 2010. Elle est observée au Jardin des Plantes (Ve arr.), aux Jardins du Luxembourg (VIe arr.), aux Buttes Chaumont (XIXe arr.), au cimetière du Père Lachaise (XXe arr.) ainsi qu'aux cimetières parisiens de banlieue (à découvrir lors des sorties mensuelles organisées par le Groupe local des cimetières parisiens de banlieue). Autour de Paris c'est dans les bois de Boulogne et Vincennes que vous la trouverez, où des nichoirs ont été installés en 2014.

Faune Idf

Carte de nidification de la Chouette hulotte Strix aluco en Île-de-France (issue de l’Atlas des oiseaux nicheurs d’Ile-de-France, 2009-2014).

En rouge les nicheurs certains, en orange les nicheurs probables et en jaune les nicheurs possibles. Les cercles concentriques donnent une idée des effectifs nicheurs par maille du quadrillage : de 1 à 10 couples pour les petits cercles, de 11 à 100 pour les plus grands cercles, des losanges lorsqu’il n’y a pas eu de dénombrement.

Le saviez-vous ?

Depuis plus de 20 ans, la LPO organise une année sur deux l'évènement La nuit de la Chouette. Vous êtes invités cette année à participer tout au long du mois de mars aux conférences, projections, ateliers de construction de nichoirs et sorties natures dans votre région. Une occasion exceptionnelle de rencontrer les chouettes hulottes, et pas seulement, de votre voisinage.

Pour trouver vos sorties et autres renseignements, rendez-vous sur : https://nuitdelachouette.lpo.fr/

Bibliographie

Ouvrages

  • Beaudvin H., Perrot P. (2018). La chouette hulotte. Delachaux et Nieslté, Paris, 192p.
  • Atlas des oiseaux d’Ile-de-France, 2009-2014, CORIF. Chouette hulotte Strix aluco
  • Le Maréchal P., Laloi D. et Lesaffre G. (2013). Les oiseaux d’Île-de-France. Nidification, migration, hivernage. CORIF-Delachaux et Niestlé, Paris. 512 pages.
  • Issa N. & Muller Y. (2015). Atlas des oiseaux en France Métropolitaine. Nidification et présence hivernale. LPO / SEOF / MNHN. Delachaux et Niestlé, Paris, 1408 p.
  • F. Malher, G. Lesaffre, M. Zucca, J. Coatmeur (2010). Oiseaux nicheurs de Paris, un atlas urbain. Delachaux et Niestlé.
  • Jiguet F., Audevard A. (2016). Petit Larousse des oiseaux de France et d'Europe. Larousse, 416p.
  • P. Cabard. et B. Chauvet (2003). L’étymologie des noms d’oiseaux. LPO, Belin. 594 p.
  • Cloé Fraigneau, Reconnaître facilement les plumes, Delachaux et Niestlé, 2007

Sites internet

Article rédigé par Dimitri Dagorne