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Le Roitelet huppé

Regulus regulus

 

 

Un petit roi sans repos !

  © Roitelet huppé

Roitelet huppé © A. Dusard / LPO-IDF

 

Ordre : Passériformes
Famille : Régulidés
Genre : Regulus
Espèce : Regulus regulus

Un oiseau très discret
A pas feutrés

Le Roitelet huppé est l’un des 3 plus petits oiseaux d’Europe avec le Roitelet triple-bandeau et le troglodyte mignon, ce dernier a fait l’objet d’une espèce du mois dont je vous invite à découvrir la fiche ici.

Long d’à peine 9 cm et pesant 5 à 6 g, le Roitelet huppé apparaît comme un oiseau minuscule au dos couleur vert olive, au bec brun noir et aux pattes gris brun pâle. Son œil, très grand comparativement au reste du corps, est formé d’un iris brun foncé cerclé de blanc lui donnant un air constamment surpris.

Au niveau de la calotte (sommet du front), Monsieur porte une huppe orange, et Madame une huppe jaune. D’ordinaire cette huppe ressemble à une mèche plate encadrée de barres noires, mais peut occasionnellement se hérisser sur la tête de l’individu durant plusieurs secondes lorsque ce dernier manifeste une excitation importante. C’est cette sorte de couronne qui est d’ailleurs à l’origine du nom de roitelet.

© Roitelet © Roitelet

Schéma annoté de la morphologie du Roitelet huppé (gauche) et du Roitelet à triple bandeau (droite). Oiseauxdesjardins.fr

Le Roitelet huppé émet un chant très discret et suraigu, un peu comme un refrain en « Psisisipsisisipsisisipsisisi » pouvant faire penser à un cliquetis de bicyclette mal huilée suivi d’un motif final éclatant et légèrement descendant « pstitruu » (← cliquer ici pour l’écouter). Souvent quand il est au milieu d’autres oiseaux chanteurs, il est difficile à distinguer. Il a une longévité d’environ 7 ans. Il existe 15 sous-espèces dont une seule présente en France : Regulus regulus regulus.

Comment le distinguer du Roitelet triple-bandeau si vous croisez sa route ?

Le Roitelet triple bandeau possède une ligne blanche entre la huppe et son entourage noir, ainsi qu’une nuque vert-jaune vif. Par ailleurs, si le chant des deux roitelets est tout aussi aigu, leur vocalisation diffère et permet de les distinguer aisément (voir ici).

Ecologie de l’espèce
Le roi de l’épicéa

Le Roitelet huppé affectionne les forêts de conifères et particulièrement les épicéas, voire les sapins blancs et les pins, dans lesquels il chasse de nombreuses petites proies proportionnées à sa taille minuscule. Ce qui en fait une espèce principalement spécialiste du milieu forestier, c’est-à-dire qu’elle ne peut vivre que dans des endroits où des conifères sont présents, à l’inverse d’espèces généralistes qui pourront s’adapter à un plus grand nombre d’environnements de vie différents (voir glossaire). Le Roitelet huppé se nourrit d’araignées, de coléoptères, homoptères (psylles), hémiptères (pucerons), diptères (moustiques), lépidoptères (papillons) et hyménoptères (fourmis et abeilles), de larves et d’œufs d’insectes. Il est donc strictement insectivore. En Île de France, il niche dans les bosquets et dans les parcs plus ou moins grands abritant des résineux.

Une famille miniature mais nombreuse

Les rameaux retombant en rideaux offrent un abri dans lequel le Roitelet huppé va construire son nid. Celui-ci, de forme quasi sphérique, est inséré bien à l’abri en dessous des rameaux. Le nid est élaboré à l’aide de mousse et de lichen renforcés par des toiles d’araignée. Ce travail fastidieux nécessite un grand nombre d’allers-retours durant 11 à 12 jours et garantit un nid très résistant.

La femelle y dépose fin avril de 7 à 10 œufs blanc-jaune pâle piqueté de brun, qu’elle couve 2 semaines. La taille des œufs est proportionnée à la taille du Roitelet huppé, environ 1 cm et moins d’un gramme ! Les roitelets font généralement deux nichées annuelles.

© Roitelet

Nichée de Roitelet huppé nourrie par un parent (oiseaux.net)

Un hyperactif

Cet oiseau survolté ne tient pas en place : il volète d’une branche à l’autre, d’un arbre à l’autre et monte souvent à la cime des conifères (épicéa, sapin blanc, mélèze …). Le Roitelet huppé, comme de nombreux oiseaux, est souvent grégaire en hiver. Il ne craint pas la neige, mais le givre et le froid sont ses ennemis mortels ! Pour de petits animaux, l’apport en calories doit être constant durant les rigueurs de l’hiver, faute de quoi il peut rapidement mourir de froid et de faim. Les hivers rigoureux peuvent ainsi décimer une partie de la population.

Migration

Le Roitelet huppé est un nicheur, migrateur et hivernant commun. Distribué sur toute l’Eurasie et une partie des îles de l’Océan Atlantique, il est présent jusqu’à une altitude de 2000 m en montagne. Essentiellement sédentaire, une partie des populations du Nord de l’Europe migre au sud en période hivernale tout en restant sur le continent européen.

Effectifs, tendances et statut
Monde (IUCN monde)

Le Roitelet huppé est en déclin au niveau mondial sans proportions inquiétantes à ce jour, il reste présent sur l’ensemble du continent eurasien. Cependant une diminution de 50 % du nombre d’individus a été constatée en Europe entre 1990 et 2012.

© repartition

Carte mondiale de la répartition du Roitelet Huppé (MNHN)

En France (IUCN)

On observe une baisse de 40% des effectifs depuis le début des années 2000. Les hypothèses avancées pour expliquer cette diminution sont potentiellement le changement climatique et la dégradation des habitats forestiers, compte tenu du fait que cette espèce est spécialiste et de ce fait, plus sensible à la disparition de son habitat de prédilection.

© repartition

Répartition en période de nidification 2005-2012 Carte de répartition actuelle – source : Atlas des Oiseaux de France Métropolitaine

En Ile-de-France

L’espèce est classée préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge UICN des oiseaux menacés de France métropolitaine. Dans la région, une stabilité des effectifs est observée avec une tendance à la hausse ces dernières années.

© repartition

Carte de la densité de présence du Roitelet huppé en Ile de France, 2013 (Atlas des oiseaux nicheurs d’île de France)

Le saviez-vous ?

Outre le fait qu’il est régulièrement cité dans la littérature, notamment comme « un pesant fardeau » pour le roseau dans la fable « Le chêne et le roseau » de La Fontaine, le mot roitelet vient de l’ancien français roitel, diminutif de roi. C’est également un surnom donné à des rois peu importants ou d’un petit pays. « Clovis tua un roitelet de Cambrai qui lui montrait ses trésors », Voltaire, Mœurs, 11.

Bibliographie
Ouvrages
  • Paul Géroudet (1980): Les passereaux III : des pouillots aux moineaux. pp. 23-30
  • N. Issa, Y. Muller (2015). Atlas des oiseaux de France métropolitaine, Delachaux et Niestlé.
  • Atlas des oiseaux nicheurs d’île de France 2009-2014, CORIF. 203 pages
  • Lars Jonsson (1994), Les Oiseaux d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, Nathan
  • Jean de La Fontaine, Fables (1668 à 1694), Livre premier, XXII, le Chêne et le Roseau
  • Martens J. and Päckert M. 2015. Goldcrest (Regulus regulus). In: del Hoyo, J., Elliott, A., Sarga-tal, J., Christie, D.A. and de Juana, E. (eds). Handbook of the Birds of the World Alive, LynxEdicions, Barcelona.
  • Dictionnaire français Littré, Voltaire, Mœurs, 11
  • Krebs, J. R.; Davies, N. B. (1993). An Introduction to Behavioural Ecology (définition)
Sites internet

Article de Camille Fossano