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L'espèce du mois

Le Roitelet huppé

Cinq ou six grammes d’énergie : un « roi-plume » hyperactif fait l’affiche ce mois-ci. Vous avez deviné ? C’est le Roitelet huppé !

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Le Pigeon ramier

Columba palumbus

 

 

Anglais : wood pigeon

« Pigeon, oiseau à la grise robe, dans l’enfer des villes, à mon regard tu te dérobes, tu es vraiment le plus agile » - Benoît Poelvoorde / C’est arrivé près de chez vous

  © Pigeon ramier

Pigeon ramier © F. Gonod / LPO-IDF

 

Ordre : Columbiformes
Famille : Columbidés
Genre : Columba
Espèce : Columba palumbus

Une silhouette corpulente

Le pigeon ramier, appelé également palombe, est le plus grand pigeon d’Europe. En effet, il mesure entre 38 et 45 cm de long et jusqu’à 80 cm d’envergure. Son poids est d’environ 500 g à l’âge adulte. A titre de comparaison, le pigeon biset, oiseau largement répandu dans le milieu urbain, mesure uniquement entre 30 et 35 cm de long et jusqu’à 68 cm d’envergure.

Cet oiseau a un plumage gris bleuté. Il se démarque de par sa poitrine rosée et sa tache blanche au niveau de sa nuque. Cette dernière est surplombée par des reflets verts irisés. L’iris de ses yeux est jaune. Son bec est rougeâtre. Le bout de ses longues rectrices est noir. Il a une silhouette dodue. Ses pattes sont courtes et écailleuses. On note également un liseré blanc au niveau de ses ailes, particulièrement visible au moment du vol.

© Pigeon ramier

Pigeon ramier / Fiche espèce LPO

Cette espèce n’a pas de dimorphisme sexuel. Le juvénile, quant à lui, a une allure différente par rapport à l’adulte puisqu’il ne présente pas de tache blanche sur sa nuque. Aussi, son bec et ses yeux sont de couleur grise.

Ecologie de l’espèce : A la campagne et de plus en plus en ville

Cet oiseau aime vivre dans les milieux boisés. Son nom est lié à son habitat puisque le mot rame signifie branche d’arbres. Ainsi, on le retrouve dans les forêts, bosquets, près des champs cultivés. Depuis le XIXème siècle, il est de plus en plus présent dans les zones urbaines où il niche dans les arbres des parcs et jardins.

Le pigeon ramier a une alimentation principalement végétale puisqu’il consomme des baies, des graines, des racines, des feuilles ou encore des bourgeons. Plus rarement, il lui arrive de se nourrir d’invertébrés comme les lombrics. En zone rurale, sa proximité avec les zones agricoles lui permet de trouver facilement sa nourriture. Il s’alimente principalement au sol.

© Pigeon ramier

Pigeon ramier juvénile © A. Péresse / LPO-IDF

Les principaux prédateurs du pigeon ramier sont des rapaces, tels que l’Autour des palombes Accipiter gentilis, aussi appelé Epervier bleu, et le Faucon pèlerin Falco peregrinus. Aussi, les mammifères de la famille des mustélidés peuvent également chasser cet oiseau.

Pas d’aventures extraconjugales

Cet oiseau est monogame. Pour marquer son territoire lors de la période nuptiale, au printemps, le mâle réalise un vol qui débute par une ascension comprenant un claquement d’ailes, suivi d’un plané.

Le chant du pigeon ramier est assez facile à identifier. Son roucoulement est composé de cinq syllabes, accentué sur la première : « rouh-rou-rou rou-rou ».

Contrairement au pigeon biset, le pigeon ramier est une espèce arboricole, autrement dit, il fait son nid dans les arbres. Parfois, la nidification a lieu au sol au sein d’une végétation abondante. Celui-ci est composé de petites branches et de feuillages. Dans les milieux urbains, il lui arrive parfois de nicher dans les jardinières des bâtiments.

© Pigeon ramier

Nid Pigeon ramier © D Svinarenko-Dagorne / LPO-IDF

La nidification débute au printemps et se termine à l’automne. Il y a entre une et trois pontes par an, composées chacune de deux œufs blancs. La couvaison dure un peu plus de deux semaines. Pendant cette période, le mâle et la femelle se relaient au nid.

Voyage, voyage

Le pigeon ramier est un migrateur partiel. Les oiseaux vivant au nord et à l’est du Paléarctique migrent en groupe vers le sud et l’ouest en hiver. Il n’est pas rare de voir voler plusieurs milliers d’oiseaux au-dessus des Pyrénées jusqu’à la fin de l’automne. A contrario, ceux vivant en Europe de l’Ouest sont plutôt sédentaires et ne migrent donc pas.

Effectifs, tendances et statut
Monde (UICN monde)
© Pigeon ramier

Présence mondiale. Source : https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/3424/ta

Cette espèce est présente dans le Paléarctique, principalement en Europe occidentale. Cet oiseau est classé en préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge de l’UICN. La population mondiale est en augmentation. Le site internet de l’UICN présente une estimation du nombre d’individus qui s’élève entre 51 et 73 millions.

En France (UICN)

Cet oiseau est, là aussi, classé en préoccupation mineure (LC). Il est présent dans toutes les régions de France métropolitaine, à l’exception de zones de hautes montagnes et de certaines îles bretonnes présentant peu d’arbres.

Un phénomène récent d’urbanisation progressive est à noter. A titre d’exemple, cette espèce a commencé à s’installer à Dijon en 1985 et à Marseille à partir de 2007.

En France, il s’agit de l’animal sauvage le plus chassé avec près de 5 millions d’individus tués chaque année. La chasse se pratique principalement dans le Sud-Ouest et touche les oiseaux migrateurs provenant du nord et de l’est du Paléarctique.

En Ile-de-France

Environ 100 000 couples de pigeons ramiers sont présents dans la région Île-de-France. Une nette augmentation des individus est constatée depuis plusieurs années. De manière générale, la concentration de cette espèce par kilomètre carré est plus importante dans Paris intra-muros que dans le reste de la région.

© Pigeon ramier

Source : Atlas des oiseaux nicheurs d’Île-de-France, page 75

Le saviez-vous ?

Le mâle et la femelle produisent du « lait de jabot » pour nourrir les pigeonneaux. Le jabot est une partie de l’appareil digestif se présentant sous la forme d’une poche au niveau de la poitrine. Il permet notamment le stockage des aliments.

© Pigeon ramier

Source : https://infovisual.info/fr/biologie-animale/anatomie

Les parents régurgitent ce lait, composé de graines prédigérées sous forme de bouillie, pour nourrir les oisillons. Ces derniers s’alimentent exclusivement de cette substance durant les cinq premiers jours de leur vie.

Bibliographie
Ouvrages
  • 440 oiseaux, Delachaux et Niestlé collection « Les indispensables Delachaux » (page 113)
  • Le guide ornitho, Delachaux et Niestlé (page 214)
  • 420 espèces d’oiseaux, Ulmer (page 242)
  • Oiseaux nicheurs de Paris, un atlas urbain, Delachaux et Niestlé (pages 48 à 51)
  • Les oiseaux de France, Jean-Claude Chantelat, Solar éditions (page 438)
  • Atlas des oiseaux nicheurs d’Île-de-France, CORIF (page 75)
  • Atlas des oiseaux de France métropolitaine, nidification et présence hivernale, volume 2 des Ptéroclididés aux Embérizidés, Delachaux et Niestlé (page 706 à 709)
  • Pas de fusils dans la nature - Pierre Rigaux (page 62)
Sites internet

Article de Caroline Cann