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L'espèce du mois

Le Pouillot fitis

Une « cascade gentiment nostalgique » ? A coup sûr, c’est le Pouillot fitis, l’espèce de ce mois !

Espèce du mois
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La Gallinule poule-d’eau

Gallinula chloropus

 

 

  © Gallinula chloropus

© Manon Bonvarlet

 

Ordre : Gruiformes
Famille : Rallidés
Genre : Gallinula
Espèce : Gallinula chloropus

Du gris ardoisé au blanc, en passant par le vert, jaune et rouge !

Son plumage est gris ardoise, nuancé de brunâtres dans les parties supérieures. Elle est facilement reconnaissable, à sa ligne blanche le long des flancs, et son bec rouge à l’extrémité jaune. Ses grandes pattes verdâtres aux longs orteils lui permettent de ne pas trop s’enfoncer dans la terre humide. Sa courte queue gris-bleu, noire en dessous et bordée de blanc, se redresse quand elle marche. Ceci, additionné aux mouvements de son cou qu’elle produit, lui confère une drôle de démarche caractéristique.

La poule d’eau mesure 38 cm en moyenne, et possède une envergure d’environ 50 cm, pour un poids de 260 à 370 grammes.

Les deux sexes sont semblables, si ce n’est que Monsieur est plus grand.

Le poussin est une version miniature de l’adulte, plus touffu, entièrement noir, et sans jaune au bout de son petit bec rouge. Le juvénile quant à lui, est gris-brun. Sa gorge et son abdomen sont d’un blanc crème.

© Gallinule poule-d'eau

Jeune gallinule poule-d'eau © Manon Bonvarlet

Ecologie de l’espèce
Timide et gourmande…

La poule d’eau préfère les eaux douces, et ne se laisse tenter que rarement par les eaux saumâtres. On la trouve dans les étangs, les rivières calmes, les marais, les lacs, ou encore les eaux des parcs urbains. Elle s’adapte donc une grande diversité de milieux, et elle a besoin d’une zone territoriale minimale de 20 m2. Elle vit dans des zones avec une végétation abondante, et surtout de quoi se cacher, car en plus d’être gourmande, madame est timide.

© Gallinule poule-d'eau

Gallinule poule-d'eau © Manon Bonvarlet

Un peu de tout

Elle consomme principalement des plantes aquatiques, qu’elle arrache avec son bec. Herbes, feuilles des arbres, jonc, lentilles d’eau…tout ce qu’elle trouve y passera ! Elle peut aussi se nourrir de mollusques, d’insectes, parfois de petits poissons, de têtard, voire d’oeufs d’oiseaux. Elle ne digère pas les céréales, ne lui donnez donc pas de pain !

© Gallinule poule-d'eau

Gallinule poule-d'eau © Manon Bonvarlet

A l’abri les petits !

Comme chez beaucoup d’oiseaux, les poussins, juvéniles, ou les poules d’eau blessées seront la proie facile de prédateurs, tel que le Busard des Roseaux, ou le Milan noir, les hérons ou les aigrettes, selon les lieux. La poule d’eau peut voler très vite et parfois s’enfuir, mais les oeufs sont évidemment sujets aux attaques d’animaux comme la couleuvre à collier, le renard, ou les rongeurs. Les poissons prédateurs tel que le brochet, peuvent profiter d’une l’opportunité pour attraper un petit et l’emmener sous l’eau pour le consommer.

Une organisation en trois temps !

On trouve trois types de nids, pour trois fonctions différentes, chez les poules d’eau, selon Wood : la plateforme de parade, le nid de ponte, et le lieu d’élevage des petits. Les nids sont construits avec divers matériaux trouvés, et peuvent reposer sur terre, ou flotter sur l’eau. Une fois que les petits abandonnent le nid principal, les adultes pourront l’utiliser pour y dormir la nuit.

Pendant la parade nuptiale, le mâle, du haut de sa plateforme, déploie sa queue, afin de montrer ses sous-caudales (charmant n’est-ce pas ?) Il plonge ensuite son bec dans l’eau, attendant que la femelle l’imite. Monsieur, en gentleman, offre parfois des tiges de plantes aquatiques à madame. Les poules d’eau sont principalement monogames.

Durant la saison des amours, il n’est pas rare de voir le mâle suivre la femelle de très près. La femelle répond par une révérence, puis le mâle en fait une à son tour. C’est un comportement d'acceptation de la femelle.

Dans le nid de ponte, la femelle dépose 5 à 8 oeufs blanc cassé, parfois parsemés de taches. L’incubation dure trois semaines, et il peut y avoir 2 à 3 pontes par an, entre Avril et Juillet. Les poussins quittent le nid dès leur éclosion, et sont capables de se nourrir au bout du 25ème jour. Les parents les alimentent tout de même pendant 45 jours, et continuent de les couver pendant les deux premières semaines suivant la naissance, particulièrement par temps froid et humide.

Le poussin passe au stade juvénile vers le 50ème jour peu près, et atteint sa maturité sexuelle à 1 an.

© Gallinule poule-d'eau

Gallinule poule-d'eau et son poussin © Manon Bonvarlet

© Gallinule poule-d'eau

Gallinule poule-d'eau et son poussin © Manon Bonvarlet

Voyage, voyage…

La plupart du temps, les adultes sont assez robustes pour survivre aux saisons difficiles, et sont donc sédentaires. La poule d’eau n’est pas compliquée : il lui faut de l’eau qui ne gèle pas, et de la nourriture en quantité suffisante. Si ces conditions ne sont pas réunies, les migrations se feront de nuit, entre septembre et novembre. Cet oiseau peut hiverner en Pologne, et au sud de la Scandinavie. Les migrations peuvent représenter des déplacements très courts, comme en Suisse, ou elles migreront vers le lac de Genève, et retourneront chez elles, à moins de dix kilomètres du lac, entre Mars et Avril.

A noter que certaines âmes aventurières ont été retrouvés au Sénégal, ou encore au Tchad !

Des mini-adultes !

Les petits peuvent parfois agir comme des adultes. Un petit a déjà été vu en train de couver, ou encore d’apporter des matériaux au nid, afin de participer à la construction de celui-ci. Les liens fraternels sont forts, car la première couvée peut nourrir la deuxième, ou l’aider dans la vie de tous les jours.

Et sinon, elle fait quoi de ses journées ?

La poule d’eau parcourt son territoire du matin au soir en quête de nourriture. Elle marche, nage, ou plonge, guettant la moindre brindille, et gare à l’escargot qui passera par la ! De temps à autre, elle fait sa toilette, ou se repose quelques instants, mais au moindre danger elle se met à l’abris dans l’eau, cachée dans la végétation.

Comment se porte la poule d’eau ?

La poule d’eau est répandue en Eurasie, Afrique, Amérique du Nord et du Sud.

Son statut de conservation UICN est en LC (préoccupation mineure), tendance stable.

© Répartition Gallinule poule-d'eau

Carte de nidification de la Gallinule poule d’eau (Gallinula Chloropus) en île-de-France (issue de l’Atlas des oiseaux nicheurs d’Ile-de-France, 2009-2014). En rouge les nicheurs certains, en orange les nicheurs probable, en jaune les nicheurs possibles. Les cercles concentriques donnent une idée des effectifs nicheurs par maille du quadrillage : de 1 à 10 couples pour les petits cercles, de 11 à 100 couples pour les cercles moyens, de 101 à 1000 pour les plus grands cercles, des losanges quand il n’y a pas eu de dénombrement.

Le saviez-vous ?

La poule d’eau possède un bec rouge, qui continue vers le front, ressemblant à une excroissance. Les scientifiques travaillent sur l’hypothèse d’un rôle de signal visuel lors des conflits territoriaux, et des parades. Il est aussi envisageable qu’il y ait un lien avec le nourrissage des jeunes, comme chez les Goélands, ou les petits tapent du bec sur le point rouge de leur parent, pour demander de la nourriture.

Fun facts

La Poule d’eau accepte ses voisins les canards colverts, ou les grèbes, sans aucun problème. Il est fréquent de retrouver ces oiseaux ensemble dans un même lieu. Cependant, comme chez nous, la poule d’eau n’accepte pas certains voisins : c’est le cas de la foulque macroule. En effet, ces deux oiseaux nichent rarement aux mêmes endroits : la présence d’une foulque près d’un nid de poule d’eau ne semble pas tolérée.

Souvent confondus, les deux Rallidés montrent cependant des différences notables. En effet, la foulque macroule est plus grande. Son bec est blanc, avec une plaque frontale blanche. Son plumage est très sombre comme la poule d’eau, mais sans lignes sous-caudales blanches. Pour finir, si vous la voyez hors de l’eau, vous pourrez voir ses pattes aux phalanges lobées, assez impressionnantes.

Enfin, si vous vous sentez l’âme d’un musicien, vous pouvez comparer leurs cris. Madame la poule d’eau émet une variété de cris secs, ou de gloussements rapides. La foulque quant à elle, émet des cris comparables à…un clou que l’on plante dans un poteau (« tjek » ou « kjek »).

© Gallinule poule-d'eau

Gallinule poule-d'eau © Manon Bonvarlet

© Gallinule poule-d'eau

Foulque macroule © Manon Bonvarlet

Bibliographie

Ouvrages

  • L. Svensson, K. Mullarney, D. Zetterström (2015). Le guide ornitho. Delachault et Niestlé. 446 pages.

Sites internet