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Le Pigeon colombin

Columba oenas

 

 

« Le pigeon est un peu le rat du ciel auquel on aurait greffé des ailes avant de le peindre en gris ». Une citation de Patrick Deville dans Peste et Choléra.

  © D. Stefanescu

© D. Stefanescu / LPO-IDF

 

Ordre : Columbiformes
Famille : Columbidés
Genre : Columba
Espèce : Columba oenas

 

Les pigeons ramier, biset et colombin ont mauvaise réputation depuis l'apparition de la grippe aviaire il y a quelques décennies. Les déjections de ces oiseaux dans Paris et dans toutes les villes de France apparaissent sur les arbres, les bancs, les clochers d'église et irritent les habitants des villes. Les pigeons, en général, sont connus pour ces inconvénients et sont pourchassés par tous les moyens.

© F. Desbordes

Pigeon colombin, © Dessin de F. Desbordes

Son physique

Le Pigeon colombin est le plus petit de nos pigeons. La longueur totale du corps est de 28 à 32 centimètres et son poids varie entre 230 et 250 grammes. Son plumage est globalement bleu gris. Il possède une tâche métallique sur le cou allant du vert au violacé et une poitrine rose vineux. Le bout de ses ailes et de sa queue sont nirs. Au repos, on observe de courtes barres noires sur ses rémiges secondaires. Ses pattes sont rougeâtres et ses yeux sont noirs. En vol, outre la taille, on le différencie du Pigeon biset par l’absence de couleur contrastante au niveau du croupion et du Pigeon ramier par l’absence de barre alaire blanche sur les ailes et de tache blanche sur le cou.

Sa vie, son territoire, ses repas

Le Pigeon colombin est un oiseau craintif. Il passe totalement inaperçu au contraire de ses cousins biset et ramier. Pour se nourrir, il affectionne notamment les champs cultivés, les jachères, les jardins, les pelouses, les bords de chemin, les friches ou encore les lisières de forêt. Il peut manger des feuilles, des jeunes pousses et des graines presque toujours collectées au sol. Il glane aussi bien des graines de céréales ou autres plantes cultivées que de plantes sauvages telles que les vesces ou les renoncules. Il peut même lui arriver de se nourrir d’insectes ou de petites bêtes si l’occasion se présente. Pour se reproduire, il recherche plutôt les vieux boisements de feuillus. On le trouve donc aussi bien dans les parcs forestiers, les vergers, les haies ou les bosquets aux milieux des champs. Il n'est pas rare de le voir aussi dans les parcs urbains.

© Pigeon colombin

Pigeon colombin © L. Epelboin.

Ses amours

Cavicole, le Pigeon colombin recherche de vieux arbres creux pour nicher. Il affectionne les vieilles hêtraies habitées par le Pic noir, dont il occupe les anciennes cavités. A défaut d’en trouver, il peut se contenter d’un tas de bois, d’un vieux nid de pie ou même d’un pigeonnier pour faire son nid. Celui-ci est construit très simplement de petites branches entassées, de racines et de feuilles sèches. La compétition peut être rude pour trouver une cavité disponible. Pas seulement entre individus mais aussi avec les autres espèces telles que les chouettes hulottes ou les choucas des tours. Aussi, le Pigeon colombin est-il très fidèle à sa cavité quand il en trouve une.

Les couples se forment en hiver et sont unis pour la vie. Chaque couple peut élever jusqu’à cinq couvées chaque saison même si le plus souvent il s’arrêtera à trois. Après la ponte puis l’éclosion, les jeunes sont nourris par régurgitation de leurs parents et quittent le nid au bout de 3 semaines de vie, laissant ainsi la place pour la couvée suivante. Les prédateurs des oeufs et des jeunes oisillons colombin au nid sont divers et variés : pies, geais, fouines, lérots, chouettes hulotte et bien d’autres se font un plaisir de dévorer leur progéniture. Ainsi, on estime qu’en moyenne, seulement 3 jeunes par couple arrivent à l’âge adulte.

Ses vacances

Le Pigeon colombin est un migrateur partiel. Les populations se reproduisant dans les régions ou les hivers sont les plus rudes telles qu'en Europe du Nord et de l’Est migrent vers le sud à l’automne vers l’Italie, le sud de la France, l’Espagne et même jusqu’en Afrique du Nord. Les populations se reproduisant dans les régions les plus tempérées telles que l’Angleterre, la Belgique et certaines régions de France, sont plutôt sédentaires et n’effectuent tout au plus que des mouvements de dispersion sur de faibles distances.

© Pigeon colombin dessin

Pigeon colombin, © Dessin de L. Schlemmer

Effectifs et tendances dans le monde, en France et en Île de France

C'est un oiseau essentiellement présent en Europe. On l’observe depuis le nord de la Scandinavie jusqu’au pourtour méditerranée n du nord au sud. Après une période de déclin de la population européenne à partir des années 1950 attribuée à l’épandage de pesticides dans les cultures et à la disparition des vieux arbres creux, l’espèce est aujourd’hui considérée comme stable. L’UICN classe l’espèce en préoccupation mineure (LC). Elle est protégée par la Directive Oiseaux de 1979, relative à la conservation des oiseaux sauvages.

La France accueille moins de 10 % des effectifs européens. D’après le programme de Suivi Temporel des Oiseaux Communs, après une période de régression dans les années 1990, les effectifs nationaux auraient ré augmenté de 46 % depuis 2001 et sont estimés entre 30 000 et 60 000 couples sur la période 2009 2012. La répartition n’est pas homogène sur tout le territoire avec une absence de nicheurs dans le sud ouest notamment et une plus forte concentration dans la partie nord du pays. Le statut UICN est le même au niveau national qu’au niveau mondial et fait l’objet d’une préoccupation mineure. La chasse au Pigeon colombin est autorisée.

Le Pigeon colombin est observé toute l’année sur tout le territoire francilien. On estime la population nicheuse à 5000 couples sur l’ensemble de la région. D’après les chiffres de l’Observatoire Régional des Oiseaux Communs, aucune tendance significative n’est observée et la population est considérée comme stable.

© Répartition

Carte de nidification du Pigeon colombin (Colomba oenas) en Île-de-France (issue de l’Atlas des oiseaux nicheurs d’Ile-de-France, 2009-2014).

Le saviez-vous ?

Voir et photographier le Pigeon colombin est un vrai défi, armez-vous de patience !

Bibliographie

Ouvrages

  • P. Géroudet (1983), Limicoles, gangas et pigeons d'Europe. Delachaux et Niestlé, pages 213.
  • Atlas des oiseaux d’Ile-de-France, 2009-2014, CORIF.
  • Le Maréchal P., Laloi D. et Lesaffre G. (2013). Les oiseaux d’Île-de-France. Nidification, migration, hivernage. CORIF-Delachaux et Niestlé, Paris. 512 pages.
  • Issa N. & Muller Y. (2015). Atlas des oiseaux en France Métropolitaine. Nidification et présence hivernale. LPO / SEOF / MNHN. Delachaux et Niestlé, Paris, 1408 p.
  • L. Svensson, P. J. Grant, D. Zetterstöm, K. Mullarney, J.L. Parmentier, Guilhem Lesaffre (2015). Guide des oiseaux d’Europe occidentale, Delachaux et Niestlé.

Sites internet

Article de Marc Bodenant